Du tertre au vert

Éloges d'un apprenti-golfeur

Certains élèves apportent une pomme à leur professeur. Ce blogue est ma pomme. Une pomme en forme de blogue qui nous rappelle, lorsqu'elle nous tombe sur la tête, que la gravitation newtonienne n'avait pas tout prévu. Newton, dans son observation de la chute des corps, n'avait certainement pas considéré la gravité d'une balle de golf qui tend invariablement à courber dans le sens qu'on n'a pas choisi, soit du côté des bois, soit du côté du lac.

Je n'ai jamais été très athlétique. Pour moi, marcher est déjà une manœuvre hasardeuse d'équilibre et de coordination. C'est dire comment mon professeur de golf a du talent : que je sois capable de frapper une balle à la distance nécessaire relève de l'exploit, voire du miracle!

Vous connaissez la loi de Murphy qui énonce qu'une tartine tombe toujours par terre du côté beurré? Eh bien, ce cher Murphy était certainement golfeur, parce que pour un arbre qui nous ramène notre balle au centre d'allée, il y en a huit qui nous les envoie au fond du boisé ou au milieu du lac. Bref, mieux vaut ne pas trop se fier au hasard lors d'une ronde de golf : il y a de fortes chances pour que celui-ci ait parié sur un autre joueur. C'est pourquoi j'ai eu recours il y a quelques années à l'enseignement d'un professionnel : compte tenu de mes habiletés et des catastrophes naturelles, je préfère mettre toutes les chances de mon côté.

Justement, j'ai eu de la chance. Non seulement je suis tombé sur un professeur sympathique, mais je suis convaincu maintenant qu'il s'agit d'un des meilleurs enseignants de golf de la région. Pourquoi? La réponse est simple : je fais des progrès extraordinaires. Et puis non, ce n'est pas une question de talent : j'ai n'ai jamais brillé dans un sport de toute ma vie. Alors dites-moi pourquoi, alors que j'avance à grands pas vers la cinquantaine, j'arrive à jouer au golf raisonnablement bien alors que je n'avais jamais touché à un bâton avant mes quarante ans? Ne cherchez pas la réponse ailleurs : tout le mérite en revient à Philippe Gariépy.

Je ne suis pas seul dans cette aventure. D'abord, j'ai commencé à jouer au golf avec ma copine. Le golf s'est avéré une de nos activités de couple préférée : nous avons progressé peu à peu ensemble et nous ne cessons d'évoluer depuis. Surtout, ne vous imaginez pas que je puisse lui donner le moindre conseil sur le parcours... Comme elle me le rappelle régulièrement, la seule personne dont elle écoute les conseils, c'est Philippe. « Est-ce que tu t'appelles Philippe Gariépy? » me demande-t-elle lorsque je m'oublie à critiquer son élan. « Non? Alors tais-toi. »

Et puis je revois régulièrement les mêmes personnes lors des cours de groupe : l'apprentissage du golf est une véritable drogue et ceux et celles qui progressent en deviennent vite dépendants. Bien jouer au golf peut devenir enivrant. Il s'agit là de la plus belle ivresse qui soit. Je la conseille à tout le monde.

En quoi Philippe Gariépy est-il un si bon professeur? Pour bien répondre à cette question, il me faudrait parler de la passion qui l'anime pour le golf et de sa capacité à sans cesse se réinventer. En effet, il ne se passe pas une semaine sans que Philippe ait trouvé une nouvelle manière de faire comprendre à ses élèves un des éléments essentiels de l'élan de golf de manière à ce que l'apprentissage soit retenu le mieux possible. Je pourrais répondre également que ce qui fait de Philippe un professeur remarquable, c'est sa façon de bien percevoir les possibilités de chacun de ses élèves et de savoir leur donner un enseignement sur mesure, savoir les orienter et les motiver selon leurs propres capacités.

Enfin, la réponse la plus simple est celle-ci : Philippe comprend mieux que quiconque que pour devenir un meilleur golfeur, il ne suffit pas de pratiquer (bien que ça soit nécessaire), mais il faut surtout pratiquer de la bonne manière : s'exercer sur un aspect de l'élan à la fois, s'appliquer à ce que les gestes deviennent naturels et les intégrer peu à peu à l'ensemble de l'élan. Cette aptitude n'est pas donnée à tout le monde : il faut non seulement connaître techniquement le golf à la perfection, mais il faut également avoir le don de transmettre cette connaissance. Il est nécessaire pour cela, en plus d'être un bon éducateur physique, d'être également un peu psychologue : il faut savoir reconnaître dans ses élèves leur capacité de rétention d'information, leur rythme d'apprentissage, leurs aptitudes physiques et leurs motivations personnelles. Bref, il faut bien connaître les humains : leurs forces, leurs possibilités, leurs limites.

Personnellement, je suis tant et si bien convaincu des talents de formateur de Philippe Gariépy que je lui ai suggéré d'écrire ce blogue sur une base régulière. Je ne vais pas y discuter d'éléments techniques ni de méthodes d'enseignement. Tout ce que je peux faire, c'est rendre compte de ma propre expérience, de mon processus d'apprentissage et de ce que je retiens de cet enseignement.

André Chapleau